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(à partir du printemps 2009, à l’Institut Français de Madrid)
A l’Institut Français de Madrid, quatre spectacles nous arrachent à la trompeuse sécurité du langage, à l’ordre qu’il fait régner en nous et autour de nous, à l’illusion qui nous gouverne. Ils disent ce qu’on tait d’ordinaire : les tabous du sexe et de la jouissance, l’exploitation des nègres, l’oppression des tziganes, les égarements de la raison. Langue crue des corps, corps obscène de la langue déliée jusqu’aux limites où les hommes se perdent et se retrouvent.

L’Homme assis dans le couloir
Tandis qu’une voix raconte sans expliquer le trouble du corps à l’identité incertaine, c’est à travers la danse que le désir se dit dans toute sa violence. La chorégraphie de Razerka Ben Sadia-Lavant donne toute sa résonance au texte de Marguerite Duras.

Cahier d’un retour au pays natal
Jacques Martial incarne magnifiquement ce grand poème épique dans lequel Césaire clame les
humiliations de la négritude.

Paris Bukarest
Nathalie Joly fait revivre les chansons que les tziganes de Bucarest avaient apprises de leurs pères paysans.

Sont également programmés en lien avec l’Ambassade de France les spectacles suivant, en français, dans le cadre du festival d’automne 2008 :

La Seconde surprise de l’Amour
Spectacle le plus primé de l’année en France, où Luc Bondy nous montre combien la vision de l’amour de Marivaux, qui se déploie entre sentiments, désirs et pulsions, est profondément moderne.
Centre Dramatique national, Théâtre Valle-Inclan, du 31 octobre au 2 novembre 2008.
En Attendant le songe : pièce jubilatoire, iconoclaste et ludique d’Irina Brook, librement inspirée du Songe d’une nuit d’été de Shakespeare.
Théâtre de La Abadía, du 29 au 31 octobre 2008
Alcalá de Henares, Corral de Comedias, 1 & 2 novembre 2008.

LeFil sous la neige
La compagnie de cirque Les Colporteurs nous entraîne, avec ses sept funambules, dans une chorégraphie aérienne, sur un fil d’acier de 12 millimètres.
Circo Price, 12 au 16 novembre 2008.

Cantos de Amor
Hommage original à Olivier Messiaen, mais aussi à Edith Piaf et à Federico García Lorca, chanté et dansé par la compagnie Soli Tutti.
Théâtre auditorium de Getafe, 2 novembre 2008.

Anathema
Jusqu’où peut-on aller pour défendre ses idées ? Telle est la question posée par ce texte d’un jeune auteur portugais, José Luis Peixoto, mis en scène par la compagnie belge Tg STAN.
Cuarta Pared, 28 et 29 octobre 2008.

Lipsynch
Oeuvre-fleuve, événement théâtral du metteur en scène canadien québécois Robert Lepage, croisant les destins de multiples personnages en se jouant de l’espace et du temps.
Teatro de Madrid, du 25 octobre au 2 novembre 2008.


 

(à partir du printemps 2009, à l’Institut Françaisde Madrid). L’Ambassade de France et l’Institut Français de Madrid convient des auteurs, metteurs en scène, acteurs, chorégraphes français autour de la figure du monologue et du solo : cette saison fera entendre une nouvelle génération d’artistes de plateau (Denis Podalydès, Vincent Macaigne, Jean-Baptiste Sastre, Marion Lévy, Andres Lima, Marcial di Fonzo Bo, Patrice Thibaud et d’autres). Elle croisera littérature et expérience de la scène, créera des correspondances entre les différentes figures de la solitude et la scène culturelle madrilène. Comment les grands mythes, d’Orphée au marin solitaire, de Jekyll à Chaplin en passant par le prince Mychkine nourrissent-ils l’imaginaire des auteurs avant d’être réinventés pour la scène ? Les écritures contemporaines (Boyer, Melquiot, Montalbetti, Garcia) se mêleront aux gestes artistiques uniques dans une solitude rêvée.

Programmation (sous réserve).

Monologue autour de « Idiot ! », librement adapté de Dostoïevski.
Interprétation et mise en scène : Vincent Macaigne. Vincent Macaigne veut faire du plateau « le lieu de la lecture, de la puissance de la fable et de la violence des personnages ». En résonance : atelier avec des élèves d’écoles de théâtre de Madrid.

Frédéric Boyer : lecture de son dernier recueil de poèmes (parution janvier 2009 chez P.O.L.) sur lemythe d’Orphée.
Frédéric Boyer a dirigé la nouvelle traduction de la Bible réalisée collectivement par des écrivains contemporains et des spécialistes des textes et des langues bibliques. Il dirige le secteur adulte deséditions Bayard.
En résonance : le mythe d’Orphée dans la littérature du siècle d’or espagnol.

« Cocorico » de Patrice Thibaud avec PatriceThibaud et Philippe Leygnac (musicien).
Spectacle jeune et tout public.
« Cocorico », spectacle sans paroles, donne à voir le monde à travers le regard d’un français parmi les autres. Virtuose et drolatique, « Cocorico » est aussi un hommage au métier d’acteur, dans la lignée de Keaton, Tati ou Chaplin, un petit précis de poésie visuelle. En résonance : la zarzuela dans tous ses états.

« La ballade du vieux marin » de Samuel Taylor Coleridge, traduction libre et rimée d’Alfred Jarry, miseen scène Jean-Baptiste Sastre avec Jean-Marie Patte.
Jean-Baptiste Sastre met en scène le poème en sept chants du romantique anglais Coleridge, dans la version d’Alfred Jarry. Le metteur en scène et comédien Jean-Marie Patte incarne ce marin, racontant aux convives d’un mariage la dérive épique de son navire sur des océans peuplés de créatures surnaturelles.
En résonance : atelier avec des élèves des écoles de théâtre de Madrid.

« En somme ! » de Fabrice Melquiot et Marion Lévy avec Marion Lévy.
Partant du scientifique pour gagner les rives du poétiques, « En somme ! » est une fantaisie aux allures de songe éveillé, autour de textes de Fabrice Melquiot, voyage autour des phases du sommeil, laboratoire intime de l’écriture. En résonance : rencontre avec Fabrice Melquiot.

« Stances » de Catherine Diverrès. Chorégraphie et interprétation Catherine Diverrès.
Danse expressionniste avec une interprète qui envoûte féériquement un espace noirci.
En résonance : les portraits de Goya.

« Le cas Jekyll » de Christine Montalbetti. Mise en scène et interprétation Denis Podalydès.
Marchant dans les brumes de Londres, le Docteur Jekyll, homme ambitieux, important, respecté, et la sihouette dissociée, chétive, maléfique de Hyde hante depuis plus d’un siècle la littérature, le cinéma, l’inconscient. La virtuosité de Denis Podalydès se prête magnifiquement à ce mythe rarement adapté au théâtre.
En résonance : rencontre avec Podalydès autour de son dernier livre, Voix off, Mercure de France.

« Questions de Goûts » : Solo de et par Georges Appaix.
Questions de Goûts, c’est ce qui se passe, immédiatement, là tout de suite, quand un homme entre sur scène sans idée arrêtée mais avec l’envie d’y agir.